29 mai 2009

Dans l’eau, personne ne vous entend crier !!

> Petites bêbêtes — Soundwave @ 14:26

On quitte la terre ferme et les serpents pour retourner dans la flotte. Après un dossier exclusivement axé sur les requins et les crocodiles , petit panorama sur les autres bestiaux qui peuplent les océans et les grands fleuves. Tous mortellement dangereux, bien entendu! Gniark gniark gniark!!!

Orca (Michael Anderson - 1977)

Orca jaquette

J’imagine que la première idée des scénaristes (Luciano Vincenzoni et Sergio Donati, tous deux crédités pour les westerns de Leone) devait donner quelque chose comme ça: “Qu’est-ce qui est plus balèze que le Grand Requin Blanc des Dents de la Mer?”. La scène d’introduction, efficace, le montre très bien: Charlotte Rampling en plongeuse téméraire fait LA rencontre avec la mort blanche herself.

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Grâce à l’intervention du pêcheur Nolan (Richard Harris, probablement pêcheur dans une autre vie…), elle s’en sort de justesse mais son assistant tombe malencontreusement à l’eau et aurait probablement servi de repas au requin si un animal encore plus redoutable n’était intervenu: l’orque, bien entendu, la terreur des océans, plus massif, plus puissant, plus intelligent que son rival à branchies. Et dieu merci, on en tient compte, de cette intelligence proche de l’homme. Même si celle-ci est un peu trop humanisée justement, le thème de la vengeance a suffisamment fait ses preuves dans le petit monde du cinéma qu’on pardonne volontiers le côté un peu exagéré. Pour avoir massacré femme et enfant dans une sinistre partie de pêche, Nolan devra affronter la plus redoutable des Nemesis: une baleine tueuse qui fera tout pour lui pourrir la vie et qui ira jusqu’à enflammer, au propre comme au figuré un petit village de pêcheurs. Sa maison sur pilotis sera ravagée, ses meilleurs amis mutilés ou assassinés (et non dévorés) et c’est sur un cri de colère noire (”Tu la veux, ta vengeance?? Hé bien tu vas l’avoir!!!” Bordel, avec la musique d’Ennio Morricone, rien que d’y repenser, j’ai un frisson de bonheur qui me parcourt l’échine!) que le pécheur repartira en mer, pour affronter ses peurs et expier ses crimes. L’épaulard choisit lui-même l’endroit où tout se terminera: le pôle Nord, sépulture de glace, où seule la mort départagera ces deux âmes perdues…

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Histoire simple, traitement efficace de la part du réalisateur de L’Âge de cristal, musique flamboyante, Orca est une vraie réussite. L’ombre de Moby Dick plâne et il ne faut surtout pas le voir comme un simple ersatz de Jaws, et même s’il y a de nombreuses similitudes, celles-ci sont finalement anecdotiques. Le dernier plan, montrant la baleine s’éloigner sur la superbe voix d’Edda Dell’Orso, cantatrice attitrée de Morricone, est suffisamment équivoque à mes yeux…

Verdict: 8/10

Tentacules (Tentacoli - Ovidio G. Assonitis - 1977)

Tentacules jaquette

Ah, qu’elles étaient belles, ces anciennes jaquettes…

A nouveau, un bon petit film italien présent dans ce blog (qui a dit le meilleur cinéma européen?). Ca devient une habitude, me direz-vous et quoi de plus normal? Après tout, leur cinéma est sans complexe et généreux, ce qui pour moi en est une assez bonne définition. Et ça commence plutôt fort, avec la mort d’un bébé d’entrée! Les producteurs actuels en tomberaient à la renverse! Quelques instants d’inattention sur une falaise près de la mer, et la pauvre mère ne peut que constater la tragique disparition. Peu de temps après, d’autres victimes sont retrouvées, ce qui inquiète le journaliste local (John Huston! Mais qu’est-ce qu’il fabrique là?? Et sa soeur est interprétée par Shelley Winters, présente dans Lolita et Le locataire…). Après avoir mené son enquête, tout porte à croire que des travaux secrets, menés par Henry Fonda (5 minutes à l’écran… Quel drôle de casting, vraiment… Ovidio est allé chercher tous ses potes?) ont réveillé un monstre sous-marin. Confirmé lorsque 2 plongeurs descendent en cloche voir de quoi il retourne. Le premier est surpris par un jet d’encre et le second aura une dernière vision terrifiante: un immense oeil vitreux qui le regarde à travers le hublot de la cloche où il s’était abrité. Viens alors un océanographe, qui tentera d’éradiquer la menace. Très difficile, voir quasiment impossible de donner vie à une fausse pieuvre, Assonitis le sait, et ne la montre que très rarement, même lorsqu’il s’agit d’une vraie, agrandie grâce à la magie des maquettes (enfin, magie, c’est vite dit… L’effet est complétement loupé ).

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Boh, à l’arrêt, ca passe encore, non? ;-)

Evidemment, ca donne des scènes bâclées lorsque, trop confiant, il filme une course de petits voiliers qui tourne mal. Succession de plans avec des gens qui regardent comme des veaux (c’est à peine s’ils se curent le nez…), des bateaux qui se renversent, et une fausse tête de poulpe qui nage comme un requin à la surface.

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“J’tai à l’oeil, toi!!”

Nanar? Affirmatif! Plaisant? Tout à fait! Le thème de l’octopus composé par Stelvio Cipriani est assez efficace, on reparlera du monsieur un peu plus loin, pour un autre nanar anthologique. Et je ne peux passer sous silence les 20 dernières minutes, où l’océanographe décide de faire venir Capri et Venise, 2 épaulards qu’il a élevés, dans une gigantesque cuve jaune (ca évite de les montrer dans la mer, et hop, on allège le budget!). La pieuvre passe à l’attaque et les baleines tueuses en profitent pour s’évader dans la grande bleue. Dépités, le héros et son assistant descendent sous l’eau pour en finir une bonne fois pour toutes, mais le grand octopus surprend le premier d’entre eux grâce à un éboulement et fonce sur sa proie. Et là, commence une musique digne d’un opéra, remplie de choeurs masculins, où les 2 épaulards reviennent aider leur maître et réduisent la pieuvre en charpie pendant cinq bonnes minutes. Bon, ca ressemble plus à une vieille carpette qu’à un mollusque mais franchement j’étais scié de voir ça!! Sans complexe et généreux, j’ai dit…

Verdict: 5/10

Barracuda (Harry Kerwin & Wayne Crawford - 1978)

Booo, la VHS de ma vidéothèque a rendu l’âme mais le résumé à l’arrière parle de déchets toxiques, qui donnent une faim insatiable mais pas seulement qu’aux poissons, apparemment. J’espère un jour le retrouver.

Verdict: ?/10

Piranha (Joe Dante - 1978)

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Ce film m’a au moins appris une chose: ne JAMAIS me baigner dans une piscine inconnue! C’est pourtant ce que vont faire 2 randonneurs, tout contents de braver l’interdit en s’introduisant dans un domaine militaire qui semble abandonné. Manque de chance, ce bassin est utilisé pour des expériences sur un poisson qui n’en avait déjà pas besoin: le piranha. Désormais plus gros, plus intelligents, plus résistants, ces poissons ne feront qu’une bouchée (enfin, plusieurs, techniquement…) des deux jeunes gens. Quelque jours plus tard, une pétillante détective (Heather Menzies) part à leur recherche, en se faisant aider par un montagnard du coin, bourru mais courageux (Bradford Dillman). Les indices rassemblés les conduisent à cette fameuse base et craignant qu’ils se soient noyés dans cette fameuse piscine, ils décident de vider l’eau dans la rivière. Complétement affolé, un professeur excentrique tente de les en empêcher mais il est trop tard et les petites bêbêtes vont transformer la petite vie paisible des riverains en cauchemar.

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“A table!!!!!”

Cette production Roger Corman rassemble du beau monde (enfin, pour moi), à commencer par le jeune réalisateur Joe Dante, qui s’autorise ici tous les plaisirs, d’abord avec ce laboratoire un peu fou qu’on voit au début du film et ensuite par un casting où se croise Barbara Steele, l’égérie des films gothiques italiens de la grande époque, et dont il est un fervent admirateur. Son acteur fétiche et ami Dick Miller (”Faut pas faire chier Murray Futterman!!!”) est également de la partie et le bougre s’en donne à coeur joie dans le rôle d’un organisateur peu scrupuleux, qui verra sa belle fête gâchée par les petits prédateurs. Et ce ne serait pas complet sans mentionner la présence de Paul Bartel, réalisateur de La course à la mort de l’an 2000 et autres Cannonball, qui incarne l’impitoyable moniteur de scouts, Monsieur Dumont. Côté musique, l’ambiance est stressante à souhait grâce au maître Pino Donaggio, qui a signé les bandes originales d’une grande partie des films de Brian De Palma, entre autres. Et pour terminer, rayon FX, citons la participation de Phil Tippett et du plus grand maquilleur de tous les temps (et c’est non négociable ;-) ), j’ai nommé Rob Bottin (The Thing, Se7en, Robocop, Hurlements et je m’arrête ici, sinon je dois tout citer. Rob, je t’aimmmmme!!!). Pas mal pour une petite production de $660.000, non??

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Dumont n’en croit pas ses yeux!! Ce poivrot de Grogan avait donc raison?!

Depuis ce film culte, à chaque fois qu’une scène montre des personnes en train de se baigner dans une rivière (dans Les moissons du printemps, par exemple…), j’espère secrètement qu’un des protagonistes lâche la phrase divine: “Quelque chose m’a mordu!!”

Verdict: 8/10

L’invasion des piranhas (Killer fish agguato sul fondo - Antonio Margheriti - 1979)

L'invasion des piranhas jaquette

Il y a comme ça des films, qui à cause d’un rendez-vous manqué à la télévision et un nombre de diffusions fort limité (une à ma connaissance…) deviennent des fantasmes de cinéphages, un Saint Graal bien plus jouissif que Marie-Madeleine herself!! L’invasion des piranhas en fait partie, en ce qui me concerne. Et ce, depuis tout petit, bien entendu! Les années ont passé, mes connaissances en cinéma bis se sont perfectionnées et rien que les noms rattachés à ce film me font encore plus baver: Antonio Margheriti derrière la caméra, réalisateur à mettre dans le même panier qu’un Enzo G. Castellari (La Mort au Large, voir la partie consacrée aux requins) ou un Umberto Lenzi (Cannibal Ferox): des mercenaires efficaces au service d’un cinéma populaire, surfant sur les modes lancées par des succès internationaux. Côté musique, les De Angelis s’y collent et les bougres parviennent encore à m’épater (même s’ils ont un peu pompé Pino Donaggio mais comme ce film n’aurait pas vu le jour sans le succès du Piranha de Joe Dante, ma foi, cet emprunt n’est pas trop déshonorant, il est presque légitime à titre d’hommage, je dirais! ). Et pour terminer, le casting est très sympathique: Lee Majors, Karen Black, Margaux Hemingway et James Franciscus (encore La Mort au Large mais aussi La Vallée de Gwangi, Le secret de la planète des singes… Bref, ce gars-là a bercé toute une partie de mon enfance…). Si ca vous fout pas la banane, tous ces noms, c’est à ne plus rien y comprendre!! (tentative désespérée de me convaincre que je suis comme tout le monde… )

L'invasion des piranhas snap 1 L'invasion des piranhas snap 1

A ma gauche, James Franciscus avec des lunettes et à ma droite, la panthère Karen Black

Bon, on a assez parlé de l’Italie, direction le Brésil!! Pendant que James Franciscus entame une partie de Backgammon et rétame son adversaire avec une chance insolente, un petit commando mené par Lee Majors s’apprête à pénétrer de nuit une centrale électrique. Pour semer le chaos, des bombes explosent ci et là, leur permettant de se faufiler sans se faire remarquer. C’est l’occasion d’assister à un panorama de la panique qui s’empare de la base, la sécurité se rue dehors, un hélicoptère décolle au milieu des flammes. Retour à notre petit commando qui parvient à la salle des coffres. Nouvelle explosion à l’extérieur, l’hélicopère semble soufflé et part en vrille. La caméra le suit et en plein milieu de l’écran, en partie caché par la maquette, ya un gars gigantesque qui le regarde en manipulant une télécommande!!! Bardaf, mort de rire!!! Antonio, j’espère pour toi que le responsable d’un tel plan est bien le réalisateur de seconde équipe parce qu’une bourde pareille, ca ne se voit pas tous les jours!! Un petit quart d’heure pour m’en remettre et je peux enfin appuyer sur play pour continuer. Alors qu’y a-t-il de si précieux, dans ce coffre en aluminum? Des diamants!!! Je vois pas très bien ce que ca vient faire dans une centrale, ou alors j’ai pas tout capté mais on s’en fout: le casse est réussi et le commanditaire de l’opération (Franciscus) est content. Mais afin de passer la police fluviale sans encombre, nos joyeux drilles ont au préalable jeté le coffre à la flotte. L’occasion de laisser tomber la pression et d’attendre quelques jours une accalmie plus propice à quitter le pays. Evidemment, les complices n’ont aucune patience et l’un d’entre eux décide de doubler les autres en plongeant rechercher le coffre. Mauvaise idée, car des piranhas semblent garder le coin!!! Commence alors une chasse au trésor dont bien peu en sortiront vivant…

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Mais faut pas laisser traîner ses doigts comme ça, voyons…

Rien de bien original au programme, me direz-vous… Malencontreusement, l’air de rien, c’est tout ce qu’on a pour la première heure, où les piranhas font quasiment office de guest-stars! Pire encore, les deux malheureuses attaques se contentent de montrer deux monsieurs en train de faire semblant dans l’eau d’être attaqué (et croyez-moi, on est loin de la performance incroyable de Susan Backlinie, l’infortunée baigneuse de minuit dans Jaws). Je ne cache pas que mon enthousiasme s’est un peu dégonflé… Heureusement, la dernière demi-heure relève nettement le niveau: une tornade s’abat dans la région, et fait craquer le barrage (à nouveau une maquette mais pas de main géante qui appuie sur un bouton, cette fois…). Résultat, les piranhas confinés dans une petite partie du fleuve se retrouvent partout, y compris autour du bateau naufragé des personnages principaux. On arrive au point d’orgue du film, la scène dont mon père m’avait parlé à l’époque (oui, oui, il ne l’avait pas loupé, LUI!!! Grrrr!!!): le gros qui tombe à la flotte et se fait dévorer jusqu’à ce que ses intestins se déversent sans crier gare, dans la plus pure tradition italienne… Le gros en question, c’est Roy Brocksmith, dont je ne connaissais pas le nom mais j’avais déjà vu sa tête à gauche et à droite, notamment dans Tango & Cash (surnommé dans le film Jabba The Hutt par Stallone alors qu’il avait méchamment maigri) et surtout dans Arachnophobie, où il incarne le croque-mort glouton de la ville de Canaima. Mais c’est vrai qu’à l’époque de Killer Fish, l’aiguille de sa balance devait largement dépasser les 120 kilos. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Piranhas s’en régalent! La scène dure longtemps, sur une musique assez glauque et même si certains plans flairent le stock-shots venu d’horizons inconnus (pas sûr, étant donné qu’un nom est crédité au générique pour ces images…), elle a son petit effet. Les premières attaques du film étaient peut-être loupées, mais celle-ci est une réussite. Finalement, avec un peu de recul , le film n’est pas si mal que ça: on passe tout son temps en compagnie de bandits (pas de héros tout propre tout lisse, ici) et le duo de charme tourne à plein rendement: Karen Black, malgré un visage assez singulier, est rayonnante et la sublime Margaux Hemingway enflamme l’écran en top-model de passage. Comment une aussi belle femme a-t-elle pu se suicider par overdose, abandonnée de tous? (refrain connu, Hollywood est décidément sans pitié…)

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Margaux, ici dans les bras de Lee Majors

Et si vous désirez rendre un dernier hommage au réalisateur italien (décédé en 2002), c’est ici que ca se passe: www.antoniomargheriti.com, site en anglais et en italien, tenu avec amour et respect par son propre fils. Voilà comment passer d’une série B divertissante à un coup de cafard qui risque de me tarauder toute la journée…

Verdict: 6/10

Piranha 2 les tueurs volants (Piranha Part Two: The Spawning - James Cameron - 1981)

Piranhas 2 jaquette

Vivi, vous avez bien lu… James Cameron, un des plus grands réalisateurs contemporains est à l’origine d’un des “plus-mauvais-films-de-tous-les-temps”, dans le flop 100 d’imdb.com (classement ne tenant compte que d’un certain nombre de votes, mais tout de même…). Et évidemment, votre serviteur a veinement tenté de remonter sa cote, mais je fais nettement partie de la minorité . Comme on s’en doutait, ces fameux piranhas ne sont pas vraiment morts, même si le héros du premier avait bel et bien réussi à tous les exterminer. L’armée y tenait, à ces tueurs à dents de rasoir! C’est pourquoi elle menait des expériences dans d’autres parties du globe. Mais après le scandale du premier épisode, les fonds ont été coupé, et les preuves effacées. Toutes les preuves? Que nenni, il reste des spécimens dans un bateau échoué près d’une île des Caraïbes, un endroit hautement touristique, bien entendu! Un couple voulant combiner les plaisirs (sexe et plongée) vont l’apprendre à leurs dépends, ne trouvant rien de mieux à faire que de s’envoyer en l’air dans le dit bateau. Et c’est ainsi que commence une nouvelle vague de disparitions. Mais celle-ci se distingue par des attaques également sur la terre ferme! En effet, on a ici affaire à une espèce mutante, dotée d’ailes membraneuses et pouvant respirer hors de l’eau!

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Le cadavre à la morgue recèle encore bien des surprises!! Un Alien? Non, un Piranha volant!!

Ca, c’est du pitch! Imaginez le pauvre Cameron obligé de faire avec ça, lui qui est si minutieux, si exigeant dans son travail. Le maigre budget n’arrange pas les choses et le ton monte régulièrement avec Ovidio Assonitis, producteur exécutif. A bout de nerfs, il lâche l’affaire et c’est finalement Assonitis, réalisateur du Tentacules cité plus haut, qui terminera le film officieusement. Dans son dos, Cameron forcera les portes de la salle de montage en pleine nuit et fera sa version du film. Ce tournage chaotique lui aura au moins apporté un de ses acteurs fétiches, qu’il reprendra plus tard dans Terminator et Aliens, j’ai nommé ce bon vieux Lance Henriksen, qui joue ici un flic teigneux mais qui fera tout son possible pour aider sa monitrice de femme à endiguer la menace.

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Pas de doute, c’est bien un policier qui a la classe…

Et puis, je ne peux m’empêcher de dire qu’il y a de beaux restes, dans ce que Cameron a essayé de faire avec les moyens du bord. Aucune idée qui a fait quoi dans ce film et je ne ne décrirai qu’un seul passage comme exemple mais je prends ici une de mes scènes préférées tous films confondus! Nous sommes ici aux 2/3 du film, la menace est donc connue. Il fait nuit, et l’héroïne prend contact par talkie-walkie avec un des surveillants, un black qui lui répond que tout va bien. Sitôt qu’il coupe la communication, l’eau se met à bouillonner derrière lui. Retour à la fête qui est en train de se préparer et qu’on ne veut absolument pas annuler. Vous pensez bien, des piranhas volants, n’importe quoi!! Maintenant, retour à la plage, l’eau semble calme mais il n’y a plus personne. Le black émerge, complètement zombifié, des lambeaux de chair qui pendent de partout. Il clopine avec ce qui reste de ses jambes vers le talkie-walkie, resté sur la plage. Gros plan sur ce dernier, entassé dans le sable. Une main décharnée essaie de s’en emparer. Comme le point est fait sur le premier plan, l’arrière est flou et de petits hexagones lumineux apparaissent, suivi d’un bruit que l’on connait bien: l’eau bouillonne à nouveau! Le pauvre homme n’a pas le temps de saisir sa dernière chance, il est entraîné à toutes vitesses vers les profondeurs, tirés par les pieds (totalement impossible avec des piranhas, mais que ca donne bien, bon sang!!), le tout sur la musique déchaînée de Stelvio Cipriani! J’en viens donc ici au second point extrêment positif: une bande originale magnifique, saturée de violons et de percussions, parfois très mélodieuse, assez typique des musiques de films italiens des années 80. Je n’irais pas par quatre chemins, elle est carrément dans mon top10, et je l’ai recherchée pendant pas mal de temps!

Piranhas 2 snap 3

Aaaargh!!! ILS ATTAQUENT!!!!!!

Quand je pense qu’il y a des gens qui ne savent pas profiter d’un bon nanar… Tss tss tss…

Verdict: 7/10 Une de mes premières VHS!!! Le nanar ultime…

M.A.L. Mutant Aquatique en Liberté (DeepStar Six - Sean S. Cunningham - 1989)

Deep Star Six jaquette

Magnifique jaquette, simple mais efficace!

Neuf ans plus tard et quelques films entre, le réalisateur du premier Vendredi 13 et heureux producteur des autres (l’air de rien, c’est une affaire qui roule! Je sais de quoi je parle, je les ai tous vus ), surement au courant du Abyss de James Cameron, décide lui aussi de dépeindre la vie quotidienne de mineurs sous-marin. Avec un budget bien moins important, le bougre se débrouille plutôt pas mal. Ici, point d’extra-terrestres venus sermonner les pauvres humains que nous sommes et le scénario s’aventure plutôt vers une grotte sous-marine, où un gigantesque animal encore inconnu (et dieu sait s’il doit encore y en avoir, dans ces grandes profondeurs…) va parvenir à s’introduire dans la base sous-marine et décimer un par un toute l’équipe. Pas de grands noms à citer, mais un casting fort sympathique, dont Matt McCoy (LA confidential, la série Carnivale mais aussi Police Academy 5 et 6!), qui incarne Jim Richardson, l’infortuné scaphandrier de la jaquette. Je me permets ici d’écraser une larme de nostalgie, lorsqu’enfants, on jouait à DeepStar Six dans le grenier de mes grand-parents et que j’incarnais ce brave Richardson (non, je ne me mettais pas le bocal du poisson rouge sur la tête, vils ricaneurs! ). Hé oui, les cowboys et les indiens, ca nous faisait royalement chier, on préfèrait affronter les monstres, à cette époque…

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Miguel Ferrer à Cindy Pickett: “Il y a quelque chose dans ce putain de sas!!!

Ahlàlà, bon, retour à nos moutons et à un autre acteur qu’on ne voit malheureusement pas assez souvent, Miguel Ferrer, le génial Albert de Twin Peaks, Traffic), et qui, dans ce film, compose un personnage qui sombre dans la paranoïa et la panique totale avec beaucoup de conviction. La nombreuse équipe des effets spéciaux comptait dans ses rangs Robert Kurtzman (l’ex-K de KNB, boîte à la filmographie impressionnante, dont Ghosts of Mars) ainsi que le talentueux Steve Wang, qu’on ne présente plus (Predator, Gremlins 2, etc).

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La tête de la créature en mousse de latex et fibre de verre.

Ce qui donne une créature très réussie, en animatronique, bien plus convaincante que la soupe numérique qu’on nous sert actuellement. Le suspense, déjà soutenu à cause des différentes avaries causées par des explosions, n’en est que plus efficace, malgré un scénario balisé (mais le film est un des premiers du genre et pour moi, c’est lui qui a posé les balises. La même année sortait également un sympathique Leviathan à la structure narrative identique, le monstre étant remplacé par des expériences russes qui ont mal tournées). A l’arrivée, on a donc une excellente série B! (une de plus ;-) )

Verdict: 9/10, dans mon top10 il y a plus d’une quinzaine d’années. Et je l’adore toujours autant!

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